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Italie, Union Européenne : les exportations menacées par un Brexit dur ?

01/02/2019 - François-Xavier Branthôme - Architecture of Trade - Read in English
Les craintes d’un ralentissement des échanges sont-elles fondées ?

Le monde de l’agro-alimentaire italien s’interroge sur les conséquences et sur les risques que représente l’éventualité d’un Brexit dur pour le « Belpaese ». En effet, selon la Cia (Confederazione Italiana Agricoltori – Confédération Italienne des Agriculteurs), les exportations italiennes d'aliments et de boissons à destination du Royaume-Uni s'élèvent à plus de 3,3 milliards d’Euros, un apport incontournable pour l’économie italienne. Le prosecco et les vins en général, les fruits et légumes frais et transformés, ainsi que les fromages et les produits de charcuterie salamis font partie des segments les plus menacés de l’agroalimentaire « made in Italy » dans le cas d’un « Brexit dur ».

Après le rejet massif (432 non contre 202 oui) par la Chambre des communes de l'accord que le Premier ministre Theresa May avait conclu en novembre dernier avec Bruxelles sur le divorce de l'UE, le monde agricole italien s’inquiète des conséquences négatives que le « no deal » pourrait entraîner ; pour les responsables politiques italiens, l’industrie alimentaire italienne pourrait être – si ce n’est brisée – en tout cas gravement impactée. Selon Confindustria, l’association représentative des entreprises de tous secteurs italiennes, les exportations annuelles atteindraient - tous secteurs confondus - environ 23 milliards d’euros.
 
« L'accord conclu entre l'Europe et le Royaume-Uni, après plus de deux ans de négociations, offre d'importantes garanties aux secteurs économiques et à la société civile – a déclaré le président national de la Cia, Dino Scanavino - et l’échec de cet accord créerait une situation d'incertitude tant pour les entreprises que pour les citoyens, encore plus préoccupante dans une phase de grande difficulté en termes de commerce international et de croissance économique, tant au niveau européen que national ». 

Les exportations de produits alimentaires et de boissons fabriqués en Italie vers le Royaume-Uni se chiffrent à plus de 3,3 milliards d’Euros - souligne le bureau d'études de la Cia. Environ un quart du total des produits italiens vendus Outre-Manche (pour un chiffre d'affaires supérieur à 810 millions d'Euros) est produit par le secteur du vin ; les fruits et légumes transformés génèrent 13% du chiffre d’affaires total, les produits de boulangerie 11%, les fruits et légumes frais 4%. Le marché britannique représente 12,5% de la valeur ajoutée des exportations de Campanie, 11% pour la Vénétie et plus de 7% pour le Piémont…

La Coldiretti, mais aussi Confagricoltura, attirent l’attention sur les effets négatifs à attendre de l’actuelle situation de blocage. Dans un commentaire lapidaire, le président de Confagricoltura, Massimiliano Giansanti, alerte sur le fait que « le retrait du Royaume-Uni sans accord est le pire scénario possible pour l'agriculture italienne. En fait, à partir du 30 mars, nous assisterons à un net ralentissement dans le flux des exportations agroalimentaires destinées au marché britannique ». Confagricoltura a demandé au ministère des Politiques Agricoles d’activer un groupe de travail chargé d’identifier les actions appropriées pour soutenir le secteur.
Sur le plan politique, le négociateur désigné par l'UE pour le Brexit, Michel Barnier, parlait (en date du 22 janvier) du « meilleur compromis atteint », suggérant clairement qu'aucune négociation ne sera rouverte avec Londres. S’exprimant sur cette même question, Paolo De Castro, premier vice-président de la Commission de l’Agriculture du Parlement européen a précisé que « Le Parlement européen n’est pas disposé à ouvrir une deuxième négociation dans cette procédure de divorce entre l'UE et le gouvernement britannique, si ce n'est dans le but d'améliorer l'accord actuel pour les citoyens, les agriculteurs et l'ensemble de la chaîne agroalimentaire européenne ».

L’UE dans les approvisionnements du Royaume-Uni en dérivés de tomate
La dépense du Royaume-Uni pour ses approvisionnements en dérivés de tomate a progressé presque régulièrement au cours des deux dernières décennies, avant de se stabiliser autour d’une moyenne légèrement supérieure à 517 millions d’Euros.
Elle est principalement axée sur les importations de conserves (environ 232 millions d’Euro soit 45% de la dépense sur les trois derniers exercices (2015/2016, 2016/2017 et 2017/2018)) et, dans une moindre mesure, de sauces (152 millions d’Euros ou 29% de la dépense sur la période considérée) et de concentrés de tomate (133 millions, soit environ un quart de la dépense totale).

La première – et presqu’unique - source d’approvisionnement du marché britannique est l’Union Européenne : sur les trois derniers exercices, les pays de l’UE ont assuré 85% des approvisionnements totaux (157 000 mT par an environ) du Royaume-Uni en concentrés de tomate, 99% des approvisionnements (321 000 mT) en conserves de tomate et 92% de ceux de sauces (166 000 mT) ; en retour, les parts de la dépense britannique échue aux fournisseurs européens dans les différents secteurs de produits ont été pratiquement proportionnelles aux quantités livrées, de sorte qu’au total, 95% des montants consacrés par le Royaume-Uni à ses approvisionnements en dérivés de tomate, soit un peu plus de 490 millions d’Euro par an) ont été réglés à des entreprises de la Communauté.
 

Dans le détail, l’Italie s’est arrogée en moyenne sur les trois derniers exercices un peu moins de 47% de la dépense britannique en dérivés de tomate, soit environ 230 millions d’Euros ; la filière italienne a vendu en moyenne annuelle pour un peu moins de 160 millions d’Euros de conserves de tomate sur la période, qui ont représenté 71% des montants drainés par l’Italie – concentrés et sauces ont respectivement généré en moyenne 18% et 11% du chiffre d’affaire annuel italien.

Compte tenu de l’importance des achats extérieurs britanniques de sauces, il n’est pas étonnant que les Pays-Bas, qui drainent 18% de la dépense du Royaume-Uni en dérivés de tomate, figurent au deuxième rang de ses fournisseurs, devançant ainsi des pays européens leaders de la première transformation. Les produits néerlandais, bien qu’en légère perte de vitesse en raison essentiellement de la concurrence croissante des produits italiens, portugais et allemands, ont représenté près de 57% des quantités de sauces importées sur ce marché au cours des trois derniers exercices. Les fabricants de sauces ont ainsi livré annuellement environ 94 000 mT de sauces tomate au Royaume-Uni, pour un montant proche de 81 millions d’Euros (91% du chiffre d’affaires néerlandais sur ce marché, le reste provenant majoritairement des ventes de conserves (8% du total)).

En s’octroyant 10% de la dépense, le Portugal se place au troisième rang des fournisseurs européens de dérivés de tomate du Royaume-Uni. Contrairement aux deux précédents, les industries portugaises fondent leurs relations avec ce marché sur les approvisionnements en concentrés : l’activité annuelle moyenne des trois derniers exercices a mobilisé un peu moins de 38 000 mT de concentrés et généré un chiffre d’affaire légèrement supérieur à 30 millions d’Euros. Sur cette période, le secteur des concentrés a assuré à lui seul plus de 60% du chiffre portugais total (50 millions d’Euros annuels) sur le marché britannique, les conserves 21% (10,5 millions d’Euros) et les sauces 19% environ (9,3 millions d’Euros).

Quatrième source d’approvisionnement, l’Espagne intervient surtout – en compétition directe avec l’Italie et le Portugal – sur le secteur des concentrés : avec 31 000 mT par année commerciale et dans une dynamique de hausse sensible des flux, ce secteur a produit près des deux tiers du chiffre d’affaires total espagnol (environ 40 millions d’Euros en moyenne) sur le marché britannique au cours des trois derniers exercices. La volonté de la filière espagnole de développer une activité « conserves » s’exprime sur le marché britannique à hauteur de 24 000 mT de produits par an, pour un chiffre d’affaire moyen proche de 10 millions d’Euros sur les trois derniers exercices, soit environ un quart du chiffre total. Les sauces tomate espagnoles (6 700 mT en moyenne sur la période considérée) n’ont représenté que 4% environ des approvisionnements en sauces du Royaume-Uni sur les trois derniers exercices.

L’Allemagne (28,3 millions d’Euros en moyenne annuelle sur les trois derniers exercices), la Grèce (17,1 millions d’Euros sur la même période), la France (12,3 millions d’Euros) et la Pologne (9,4 millions d’Euros) interviennent également sur le marché britannique. L’ensemble de ces huit pays a assuré la quasi-totalité (98%) des exportations européennes de dérivés de tomate vers le Royaume-Uni des vingt derniers exercices.

Le marché britannique dans l’activité (extérieure ?) de l’UE
Le marché britannique est un marché pratiquement captif de l’UE ; deuxième pôle mondial d’achat avec un équivalent frais importé voisin de 2 millions de tonnes et une valeur commerciale estimée à 517 millions d’Euros, le Royaume-Uni représente une part de moins en moins importante de l’activité extérieure des pays transformateurs de l’UE (au fur et à mesure que se développent de nouveaux débouchés), tout en restant un marché capital pour ces mêmes acteurs de la filière de première et deuxième transformation européenne. Certes, en vingt ans, le chiffre d’affaires « tomate » réalisé par les grands pays exportateurs européens auprès du marché britannique est passée de 248 millions d’Euros à près de 485 millions d’Euros ; mais la part issue des ventes au Royaume-Uni dans l’activité exportatrice totale des principaux pays européens producteurs de dérivés de tomate a dans le même temps reculé de près de 21% à moins de 17%. En d’autres termes, le poids du débouché britannique dans l’activité des pays de l’UE (Italie, Portugal, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Allemagne, Pologne, Belgique, etc.) est à ce point élevé que le maintien des flux actuels est d’une importance quasiment vitale pour les entreprises européennes qui exportent au Royaume-Uni sous leurs marques ou, comme c’est souvent le cas, sous marque de distributeurs.
 

Sur les vingt exercices commerciaux passés, les relations sectorielles entre les fournisseurs européens et de Royaume-Uni ont évolué différemment selon les types de produits considérés. De 1999/2000 à 2017/2018, les achats britanniques de concentrés européens (de 130 000 mT à 193 000 mT) ont progressé pratiquement au même rythme que l’ensemble des exportations européennes du secteur, de sorte que la part représentée par le Royaume-Uni sur ce secteur est restée pratiquement stable, aux alentours de 13 ou 14% de l’activité européenne d’ensemble.
Dans le cas des conserves, les ventes européennes au Royaume-Uni (de 260 000 mT à 320 000 mT) ont augmenté beaucoup moins vite que l’ensemble des exportations : de fait, la part britannique a fortement décru, de 28% du total en 1999/2000 à 20% lors du dernier exercice.
Enfin, les dynamiques qui ont animé les échanges de sauces tomate entre les pays producteurs de l’UE et le Royaume-Uni depuis vingt ans sont proches de celles du secteur des conserves, avec des quantités qui ont augmenté sensiblement (de 53 000 mT  en 1999/2000 à 150 000 mT en 2017/2018) dans un contexte d’élargissement des débouchés européens qui a progressivement réduit le poids du marché britannique, de plus de 24% de l’ensemble à 22% sur le dernier exercice.

La livre s’attend à un report du Brexit
Dans le contexte politico-économique très flou qui entoure depuis plusieurs semaines la sortie du Royaume-Uni de l’UE, l’un des paramètres clés pour l’avenir des flux d’approvisionnement du pays résidera dans l’évolution du taux de change de la livre sterling face à l’Euro et au dollar US.
Dans la deuxième quinzaine de janvier, à dix semaines seulement de la sortie prévue de l'Union européenne (le 29 mars) et quelques jours avant le vote décisif du Parlement sur l’accord issu des négociations avec l’UE, les dirigeants britanniques cherchaient une voie pour éviter à la cinquième économie mondiale « une rupture sans accord, synonyme de risques de pénuries, d'embouteillages monstres aux abords des ports et d'effondrement de la monnaie ». Le 24 janvier, la chambre des communes a rejeté le projet de sortie présenté par Theresa May, ce qui a semblé satisfaire les investisseurs qui ont vu en ce rejet la probabilité d’un hard-Brexit diminuer. 
De fait, et contrairement à ce que certains experts attendaient, la monnaie britannique a enregistré ces dernières semaines un renforcement sensible face à l’Euro, fondé sur l’hypothèse d’un report d’un an de la date de sortie effective de l’UE. 
 

Par leur nouveau vote du 29 janvier, les députés britanniques se sont prononcés contre une sortie de l'Union européenne sans accord et ont donné mandat à la première ministre pour renégocier les termes de la séparation d’avec l’UE ; toutefois, il semble, au moment de la rédaction de cet article, que cette dernière éventualité soit écartée par les membres de l’UE qui estiment que les deux années de négociation passées ont définitivement permis d’établir « le meilleur moyen d’assurer un retrait ordonné du Royaume-Uni de l’UE ». 

Pour la presse internationale, « Theresa a pris le risque, le 29 janvier, d’un affrontement majeur avec l’Union européenne, et accru le danger d’un Brexit sans accord à deux mois jour pour jour de la date fixée pour le divorce. Un « no deal » potentiellement néfaste pour l’économie du Royaume-Uni et, dans une moindre mesure, pour celle du continent ».

Quelques données complémentaires
 
 
 
 

Source : agronotizie, dailyfx.com, challenges.fr, agefi.fr, LeMonde, IHS
 
 
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Editor : TOMATO NEWS SAS -  MAISON DE L'AGRICULTURE - TSA 48449 - 84912 AVIGNON Cedex 9 - FRANCE
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