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Brexit : impact attendu sur le prix de l'alimentaire

21/02/2019 - François-Xavier Branthôme - Read in English
L'UE doit « se préparer » pour un Brexit sans accord

Il est prévu que le Royaume Uni quitte l'UE le 29 mars 2019. Le scénario d'une rupture sans accord semble devenir une éventualité de plus en plus probable avec chaque jour qui passe, et il est généralement accepté que le Brexit aura pour résultat une hausse des prix pour les produits alimentaires en Grande Bretagne. 

Selon la presse européenne spécialisée, alors que la Première ministre Theresa May tente de relancer les discussions autour de l'accord de retrait – un accord qui a déjà nécessité deux ans de négociations et que Bruxelles affirme ne pas vouloir revisiter – il semble peu probable qu'elle réussisse à obtenir le soutien de la Chambre des communes pour sa vision de l'accord de « divorce » du Royaume Uni. 
Au 6 février, il n'y avait aucune majorité nette en faveur de l'une ou de l'autre des options possibles envisagées par le Parlement (« Irish Backstop » [ou « antiretour irlandais »], « soft Brexit » à l'amiable avec des liens plus rapprochés avec l'UE, élections générales qui pourraient réinitialiser les négociations, nouveau référendum, etc.). Certaines sources outre-Manche affirment que la Commission européenne est « en colère » d'avoir « gaspillé deux ans » à négocier avec l'équipe de May un accord qui n'a pas le soutien des politiciens britanniques. 
La rupture sans accord semble devenir une éventualité sérieuse.
 

 Lors de réunions qui se sont récemment tenues avec Michel Barnier, le négociateur en chef de la Commission, des représentants de l'industrie alimentaire européenne ont demandé à la CE d'engager des actions unilatérales pour maintenir les flux commerciaux des produits alimentaires, une situation qui ne serait possible, d'après eux, que si le Royaume Uni met en place des mesures similaires. La délégation comprenait des représentants de la Copa et Cogeca, de la CELCAA and de Food Drink Europe (FDE). Pendant cette réunion – et dans la lettre de suivi signée par les trois organisations – le secteur alimentaire a souligné le besoin d'éviter un scénario de Brexit sans accord et de parvenir à « un Brexit structuré » afin de garantir la poursuite des échanges entre l'UE et le Royaume-Uni de manière « aussi uniforme que possible ».

Dans le sillage de l'initiative lancée récemment en l'Italie par la Coldiretti et Princes (voir notre article du 12 février), les entreprises, les agriculteurs et les coopératives agricoles des deux côtés de la Manche se sont engagés dans des préparatifs en vue des différentes éventualités. Mais selon la lettre commune, « de telles mesures préparatoires n'empêcheront pas une perturbation considérable de la chaîne d'approvisionnement alimentaire dans l'éventualité d'une rupture sans accord. De plus, il est difficile pour les opérateurs de plus petite envergure de se préparer de manière adéquate, car ils devront faire face à des procédures d'exportations pour la première fois, et ils manquent des ressources nécessaires pour cela. »

Des « perturbations considérables » de la chaîne d'approvisionnement alimentaire
Copa et Cogeca, CELCAA et FDE ont interpellé les institutions européennes pour leur demander d'envisager « des mesures de contingence unilatérales » spécifiques au secteur agroalimentaire. « L'impact d'une rupture sans accord sera immédiat et brutal » ont-ils prévenu. « Il nous faut des procédures douanières simples et un système de transport sans heurt » a souligné Marco Settembri (membre du conseil de la FDE, et PDG de Nestlé pour la région Europe Moyen-Orient Afrique), ajoutant que l'UE « refusera probablement » la position britannique et l'éventualité d'une extension de l'Article 50 (en référence à l'Article 50 du traité de Lisbonne, qui précise les modalités de sortie de l'Union européenne et sur lequel est basée la date limite du 29 mars 2019). « Nous sommes inquiets de la situation actuelle dans laquelle une sortie sans accord semble être le scénario le plus probable pour l'avenir. »
Alors que les préparatifs pour un Brexit sans accord peuvent limiter les dégâts subis par la filière, Marco Settembri a souligné que la situation ne manquera pas d'avoir des conséquences économiques négatives dans le court terme, dans le moyen terme et, peut-être, dans le long terme. « En fin de compte, tout ceci coûtera de l'argent à la société… Ce sont la société et les consommateurs qui devront payer le prix de cette décision, » a prédit Settembri.

En même temps, la Fédération britannique des opérateurs du secteur alimentaire et des boissons (FDF) a depuis longtemps prévenu que l'éventualité d'un Brexit sans accord serait nuisible pour les entreprises et les consommateurs du Royaume-Uni. Selon la FDF, les préparatifs pour une rupture sans accord, comme l'accumulation de réserves d'ingrédients, coûtent déjà très cher aux fabricants alimentaires britanniques.
Si aucun accord n'est conclu, la filière britannique devra affronter l'obstacle majeur de se mettre à réaliser ses échanges commerciaux selon les termes de l'OMC. Ceci provoquera une augmentation supplémentaire des coûts, car les aliments et les ingrédients importés seront soumis à des tarifs douaniers. Actuellement, le Royaume-Uni importe de l'UE 30% des produits alimentaires consommés dans le pays.

Brexit sans accord et prix des aliments : à combien s'élèvera la hausse du panier moyen ?
Au moins une partie de ces coûts supplémentaires sera transmise aux consommateurs, ce qui provoquera une hausse des prix pour les aliments. L'agence de conseil financier NimbleFins a calculé l'impact qu'aura la hausse des tarifs sur les prix des aliments, sans autre facteur aggravant, sur la base des données obtenues auprès de l'OMC et du Bureau des statistiques nationales.

Le coût des aliments est déjà considérable pour la plupart des habitants du Royaume-Uni, et absorbe en moyenne 10% du budget des ménages. En cas de Brexit sans accord, comme il est de plus en plus probable, le coût des courses hebdomadaires de chaque ménage ne manquera pas d'augmenter suite à l'application des tarifs douaniers.
Afin de déterminer l'impact d'un « Brexit sans accord » sur les prix, NimbleFins a réalisé quelques calculs rapides pour évaluer les effets sur le panier moyen des achats de produits alimentaires et de boissons pour les ménages britanniques.
 

Les résultats montrent que les tarifs douaniers payés annuellement par les Britanniques sur les aliments et les boissons pourraient s'élever à la même valeur que deux semaines de courses, quelle que soit la somme dépensée habituellement. Les ménages britanniques dont les dépenses se situent dans la moyenne nationale pourraient devoir budgéter 132 GBP (150 EUR, 177 USD) par année en raison des tarifs douaniers sur les aliments et les boissons et 78 GBP (89 EUR ou 101 USD) par année pour la restauration et les plats traiteurs à emporter – un total de 210 EUR chaque année.

Suite à l'imposition des tarifs douaniers, le ménage britannique moyen (qui dépense 66 GBP (75 EUR, 25 USD) par semaine pour son alimentation, y compris les boissons) devra payer 3,8% de plus pour son alimentation dans le foyer, ce qui fera grimper le coût de son panier hebdomadaire moyen de 66 GBP à 68,54 GBP – une augmentation de 2,54 GBP (2,9 EUR ou 3,3 USD) par semaine. Selon NimbleFins, le plus grand impact sera ressenti sur les produits laitiers, les boissons et la viande.
 

Selon la taille du budget de chaque foyer britannique, ses dépenses totales en aliments et en boissons varient autour de la « moyenne ». Pour comprendre l'impact des tarifs douaniers sur les différents budgets, les spécialistes estiment que les résultats pour une gamme de dépenses en aliments et en boissons varieront entre 50 EUR et 200 EUR par semaine. En gros, pour chaque tranche de 50 EUR dépensée en aliments et en boissons chaque semaine, les Britanniques devront s'attendre à payer un supplément de 100 EUR par année, suite à l'imposition des tarifs douaniers.
 

L'estimation de NimbleFins ne tient pas compte d'éventuelles appréciations ou dépréciations de la monnaie britannique en fonction des retombées politiques de la situation actuelle.
Moins de six semaines avant la date prévue pour la sortie du pays de l'UE, le 29 mars, les modalités du divorce restent très vagues et la crainte grandit d'une issue « no deal » – une rupture sans accord et sans période de transition pour amortir l'impact économique. 
Des spécialistes récemment interviewés par Reuters déclarent de manière unanime qu'un Brexit négocié aurait des conséquences bénéfiques pour la monnaie britannique, alors qu'une sortie de l'UE sans accord aurait pour conséquence de l'affaiblir. Mais les gains potentiels seront, selon ces mêmes spécialistes, inférieurs aux pertes prévisibles en cas de « sortie sans accord ». Comme le démontre le sondage de Reuters, la Livre britannique devrait perdre entre 5% et 10% de sa valeur si le Brexit se déroule sans un cadre clairement défini. Avec un accord négocié, elle pourrait s'apprécier de 2% à 5%. 

Quelques données complémentaires
Présentation de la CE sur l'accord de retrait Brexit
https://ec.europa.eu/commission/sites/beta-political/files/the_withdrawal_agreement_explained.pdf

Sources : foodnavigator.com, nimblefins.co.uk, challenges.fr

 
 
 
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